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Interview de Prunelle, créatrice de la start-up Mue store

Publié le : 26/10/2017 19:27:04

MUE STORE

Découvrez qui se cache derrière Mue store, avec l'interview de Prunelle, la créatrice de cette start-up innovante qui veut démocratiser le sur-mesure pour que les femmes aient accès au Bien Aller !

Par Marine Jauffret

Ton parcours ?

Après mon bac, j’ai filé en Normandie pour travailler comme cavalière jeunes chevaux dans un haras, je m’occupais de la formation et de la valorisation de jeunes chevaux de sport pendant 3 ans, intense mais passionnant ! En parallèle, j’ai effectué la première partie de mes études en formation à distance. Puis j’ai eu envie de rentrer un peu dans le rang, de profiter de la vie étudiante, j’ai donc décidé de poursuivre mes études dans un contexte plus classique.

Diplômée de Dauphine, j’ai travaillé quelques années en banque d’investissement et l’envie d’entreprendre est montée progressivement… Jusqu’à devenir une évidence. Après quelques mois de brainstorming l’idée de Mue Store est née et j’ai sauté le pas !

L’idée ?

Mue store est issue d’un besoin personnel, de la difficulté que j’avais à trouver des vêtements avec des coupes « structurées » qui m’aillent bien. Une vraie mission, et avec des retouches systématiques à la clef. J’aime les tissus qui se tiennent, qui ont de la texture, alors autant dire que si la coupe n’est pas impeccablement adaptée à ton corps, cela ne pardonne pas. Le top serait donc d’avoir une pièce qui respecte ma morphologie, mes formes, pile à la bonne longueur… bref une pièce faite pour moi. Mais l’offre est inexistante ou inaccessible !

La mission est donc toute trouvée : proposer une marque dédiée aux femmes avec une collection de pièces du quotidien, structurées, avec de belles matières, conçues uniquement sur-mesure. L’impératif : d’une part revisiter l’expérience client pour la rendre plus pratique et plus adaptée à notre époque. D’autre part automatiser la création du patronage unique, pour réduire les coûts afin d’avoir un positionnement accessible.

La solution Mue mesures est née : elle permet d’acheter en ligne, sans avoir à prendre soi-même ses mesures, exercice long et fastidieux mais surtout peu fiable, c’est un métier ! Elle permet aussi d’exploiter les mensurations pour créer le patron parfait, automatiquement.

Quelles sont les valeurs de Mue Store ?

Notre premier leitmotiv, c’est de proposer une alternative au carcan du prêt à porter, qui ne respecte pas la diversité des corps, des morphologies, qui ne permet pas de se sentir mise en valeur dès lors que l’on s’éloigne de la norme hauteur-mensurations-proportions-formes (et j’hésite presque à dire pointure !) imposée. Et cela, vous le subissez que vous fassiez un 32, un 40 ou un 48 !

La gradation est déterminée par rapport à des moyennes, des médianes, issues de données collectées sur des échantillons. Par définition, la majorité des femmes ne collent pas au résultat, plus ou moins certes, mais bon quelle frustration ! Impossible d’avoir les hanches larges si les épaules ne suivent pas, selon eux, ou vice-versa, et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres…

Franchement, la déception des cabines d’essayage, ce n’est plus acceptable en 2017 ! Ni de devoir renoncer à des modèles que l’on aime, dont le style nous correspond, parce qu’ils ne nous vont jamais. Les femmes subissent une pression sociale importante au niveau de leur apparence, se sentir bien habillée aide à être mieux dans sa peau, à se sentir plus confiante, notamment dans un contexte professionnel, donc cela doit être un droit !

L’autre message que veut faire passer Mue, c’est sensibiliser sur notre façon de consommer la mode. Revaloriser le beau produit, désiré, voulu et assumé. Pour faire court, oser prendre le contre-pied de la fast fashion, de l’achat compulsif, des sacs de vêtements qui durent un trimestre, ou que l’on ne portera pas parce qu’ils ne nous vont pas vraiment. Et bien souvent, des vêtements fabriqués dans des conditions dont on ne souhaite pas connaitre les détails. Si nous avions eu des cours d’initiation à la couture imposés à l’école, personne ne douterait qu’il est impossible d’acheter une robe un peu travaillée à 49 € TTC, même de mauvaise qualité, sans qu’il y ait un semi-esclave en bout de chaîne. C’est long de fabriquer un vêtement !

Qui sont tes associés ? Comment vous êtes-vous rencontrés ?

J’ai co-fondé Mue store avec Alexandre, qui est ingénieur informatique, et que je connais plutôt bien puisque nous sommes cousins. Collaborer lors de ce genre d’aventure n’est pas toujours évident, on découvre forcément chez les autres des facettes inattendues ! Je pense que le fait de vraiment bien se connaître nous a rendu service. Enfin et surtout, nous sommes complémentaires puisqu’il apporte des compétences technologiques indispensables que je n’ai pas.

Que représente l’entreprenariat pour toi ?

La liberté, tout en n’ayant jamais eu aussi peu de marge de manœuvre de ma vie !

Entreprendre, c’est se donner la possibilité d’imaginer, de bâtir à sa façon, de s’engager sur une idée, sur des valeurs auxquelles on croit, tout en acceptant l’idée de se planter totalement, d’y laisser quelques plumes, bref de s’exposer.

L’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle te semble-t-il facile à gérer ?

J’ai assez peu de temps pour ma vie personnelle mais l’essentiel est d’arriver à s’aménager quand même quelques moments pour débrancher un peu. Mais en réalité, c’était mon objectif : pour moi, devenir entrepreneur signifiait justement fusionner ma vie professionnelle et ma vie personnelle. Le concept de passer 5 jours sur 7 au « travail » m’a toujours posé un vrai gros problème, aussi intéressant soit le travail en question, j’ai toujours eu l’impression de me faire voler ma vie ! Donc aujourd’hui il n’y a plus de frontière, et je me sens beaucoup plus libre, paradoxalement. Et puis c’est tellement excitant !

Quelle est ta robe ou jupe coup de cœur ?

La robe sur-mesure Carlotta, d’abord pour sa couleur unique (haaa ce jeu de bleus !), sa texture, son tissu léger et confortable. Ensuite, j’aime l’encolure fendue, qui permet d’avoir un vrai décolleté sans trop en montrer ;) 

Quelles sont les évolutions prévues à court, moyen et long terme ?

A court terme, notre objectif est de comprendre le mieux possible les attentes de nos clientes au niveau des modèles, des tissus mais aussi et surtout de l’expérience qu’elles vivent en choisissant Mue store. A toutes : nous sommes à votre écoute et friands de savoir ce que vous voulez vraiment vraiment vraiment, soutenez-nous, contactez-nous !

A moyen terme, nous aimerions collaborer avec d’autres marques en proposant des capsules sur mesure co-créées, qui porteraient leur signature stylistique, pour faire découvrir le sur-mesure à celles qui ne se reconnaitraient pas dans l'univers Mue. Et bien sûr, nous voulons également intégrer de nouveaux produits à notre collection : veste sur-mesure, pantalon sur-mesure et autres robes.

A long terme, nous souhaitons devenir LA marque-label du sur-mesure moderne, à travers nos collections et collaborations. Notre ambition est que le sur-mesure devienne une évidence et un réflexe pour l’habillement du quotidien, en France et ailleurs.

Quel est selon toi le (ou les) facteur de succès le plus important ?

Spontanément j’ai envie de dire : toujours y croire, avoir beaucoup d’énergie, bien s’entourer et surtout travailler sans compter. Mais avec ma petite expérience, avec ce que j'observe, je dirai désormais : le facteur le plus important c’est le réseau (existant ou à constituer), son rôle est capital.

Ensuite, et heureusement, chaque succès est différent, on peut extraire de grandes tendances mais il y aura toujours des contre-exemples !

Et il faut le dire, certains facteurs sur lesquels on n’a pas toujours la main ont aussi leur importance, comme… la chance, le feeling.

Quelles difficultés as-tu rencontrées ?

Il y a des jours ou des périodes compliquées, où rien ne fonctionne comme tu veux, c’est alors difficile car être entrepreneur, c’est aussi être livrée à soi-même.

Mais je dirai que le plus difficile pour moi, c’est que paradoxalement, même dans l’écosystème start-up, il faut que le projet rentre dans une case, cadre avec ce qui est à la mode, avec ce qu’il est tendance de faire. Ce n’est donc pas toujours évident de se positionner, de défendre son approche, auprès des partenaires, des investisseurs, des organisations.

A quoi ressemble une journée type dans ta peau ?

Se lever avec l’envie de démarrer la journée (si si !), sauter dans le métro en retard (systématiquement), répondre aux avalanches de mails (et oui, moi aussi), échanger avec mes clientes (privilège), réfléchir (beaucoup), jongler entre les rendez-vous (courir), essayer de résoudre des problèmes (souvent), rire avec l’équipe Mue (au maximum), puis s’apercevoir qu’il est déjà très tard (tous les jours)…

Ca donne envie non ?!

Interview de Prunelle, cofondatrice Mue store par Marine Jauffret

www.mue-store.fr // contact@mue-store.fr

D'autres questions à poser à Prunelle ? contactez-la en direct : prunellebrault@gmail.com

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